Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
Les fleurs que nous pouvons admirer parfois encore dans les champs cultivés, et notamment dans les céréales sont des Messicoles : des adventices des moissons. Le Bleuet, l’Anthémis et la Nigelle en font partie.
J’ai trouvé, non loin de chez moi, car ce procédé se répand, des jachères fleuries où je pouvais sans craindre de prélever des espèces protégées cueillir quelques messicoles pour alimenter le cours.

La Nigelle que je vous propose n’est donc pas, bien sur, l’une des deux espèces (Nigelle des champs et Nigelle de France) très rares maintenant dans la nature, mais une espèce devenue assez courante dans les jardins : la Nigelle de Damas qu’on distingue des deux autres par son involucre de bractées très laciniées qui déborde de la corolle.
Le nombre de pétales et leur couleur est variable, mon choix s’est porté sur une fleur plutôt grande, avec peu de pétales de couleur bleu ciel. Sous les étamines, une première couronne de nectaires ajoutait un collier de points bleu indigo.
Le fruit de la Nigelle de Damas est très beau, il grossit formant une vessie composée de follicules qui se teintent souvent de rougeâtre sur la ligne de soudure.
La bande fleurie, plutôt ornementale, où se trouvait la Nigelle contenait également de l’Eschscholtzia aussi nommé Pavot de Californie, qui n’est pas une messicole mais plutôt une annuelle dont la graine survit et prospère après les incendies : les américains l’appelle Fire poppy.
J’ai retrouvé sur le web le mélange‘Natura messicole’ que ma commune a installé dans une parcelle de l’Arboretum ; elle contenait des Anthémis et des Bleuets dont vous voyez les essais de couleur, mais aussi du Chrysanthème, du Coquelicot, et de la Nielle (pour ces trois là, ce sera pour une autre fois !).
J’ai été ravie par la démarche qui consistait à ne plus faucher partout sous les arbres mais seulement sur des bandes de promenades ; parmi les hautes graminées de ces parcelles naturelles, beaucoup de scabieuses, de centaurées et j’ai même vu un beau pied d’Orchis bouc ! et bien sûr, des papillons, des abeilles, des syrphes, tout un petit peuple qui n’aurait plus droit de cité sur un gazon ras !