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  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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Pivoines de Sourches

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 16:24

Voilà une famille assez aride à aborder et pourtant, dès qu’on décide de sortir la loupe, il s’avère que la floraison des graminées ne manque pas de charme même si elle est très discrète !

La forme et la couleur des épillets est très variable et leur façon de s’accrocher dans l’inflorescence détermine des silhouettes très différentes ! Je me suis amusée à capturer quelques images en gros plan sur le récent Miniguide n°91  que j’ai illustré pour la Salamandre.

On a parfois un peu de mal à identifier les parties d’un épillet de graminée qui n’est lui-même qu’un petit fragment de l’épi ou de la panicule. Cet épillet, partant du pédicelle, comporte d’abord en principe une paire de petites bractées inégales carénées et souvent même terminées par une arête : ce sont les glumes, puis une ou plusieurs fleurs qui sont entourées chacune de deux glumelles plus discrètes, parfois presque transparentes et encore deux autres glumellules.

 

 

 

 

 

 

On voit sur l’épillet de la Folle-avoine que ce sont les glumelles et non les glumes qui sont aristées et les longues arêtes sont genouillées.

Au cœur s’élève le pistil surmonté de deux stigmates plumeux qu’on voit mieux une fois que les trois étamines attachées au pied du pistil sont un peu passées car la fleur,  plus avancée en floraison, est temporairement plus ouverte. Souvent on observe les épillets alors que la floraison est achevée et donc, les étamines sont tombées, le grain se forme sous les stigmates séchés, glumelles et glumes se referment dessus pour le protéger.

 

 

Chez le Phragmite ou roseau commun, les axes des épillets et la base des lemmes sont enrichis de longues soies blanches.

 

Sur le Seigle on voit au centre en haut une dernière fleur en fait stérile ne présentant que les glumelles qui sont chez cette espèce plus imposante que les glumes à la base.

 

L’élégante Mélique est très discrète avec ses glumes roussâtres il ne faut pas la confondre avec la Brise intermédiaire ou Amourette qui est peut-être plus charmante encore avec ses pédicelles tortillés !

 

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 16:56

Le dimorphisme sexuel n’est pas mon propos cette fois, cela avait déjà été un peu évoqué dans un ancien article (« Monoïque, Dioïque »)  de cette série sur les « Mots de Bota ».

Il existe quand même un dimorphisme foliaire lié à la reproduction chez les fougères et les prêles, entre frondes fertiles et frondes stériles, le terme d’hétérophyllie peut convenir aussi dans ce cas. Les frondes fertiles de l’Osmonde royale par exemple, sont plus érigées et solides, les frondes stériles aux pennes plus larges, plus horizontales donc bien exposées à la lumière, sont chargées d’assurer la fonction chlorophyllienne.

 

C’est un peu la même chose pour la prêle des champs, d’ailleurs la fronde fertile de cette prêle est beige, totalement dépourvue de chlorophylle.

 

Le lierre présente un dimorphisme foliaire entre les feuilles situées sur des rameaux végétatifs, rampants et les feuilles des tiges qui se redressent pour fleurir et donner des baies ; ces feuilles-là ne sont pas palmées.

L’ Hétérophyllie est liée à des facteurs variés comme la hauteur d’implantation de la feuille ou les contraintes du milieu mais parfois c’est génétiquement que la variation de feuille est programmée comme chez les Eucalyptus dont les jeunes feuilles sont largement ovales et d’un vert glauque alors que les feuilles adultes sont pointues ou en faucille et d’un vert plus sombre et brillant.

J’ai découvert aussi l’été dernier avec surprise que les cotylédons du tilleul étaient digités…

La hauteur d’implantation de la feuille :

Quand un arbre coupé rejette de souche les feuilles des rejets sont parfois plus grandes que la norme. On note généralement que les feuilles basales auraient tendance à posséder des contours plus simples, des formes plus larges sans doute parce qu’elles reçoivent moins de lumière.

Disons que dans certains cas la forme des feuilles diffère du simple fait de leur position, basale (en rosette) ou caulinaire (sur la tige florale). Un exemple de Polymorphisme: j’ai retrouvé cette illustration du Raifort (Armoracia rusticana) qui présente une belle variation de forme dans ses feuilles !

 

Les contraintes du milieu :

Les quelques familles de plantes comptant des espèces aquatiques à demi immergées comme les Myriophyllées, présentent un polymorphisme très net : les feuilles toujours immergées sont découpées en fines lanières, les feuilles flottantes présentent leur large limbe à la lumière. Voyez par exemple dans cette famille la Châtaigne d’eau (Trapa natans). Elle présente en plus la particularité de posséder des pétioles de feuille gonflés pour former des flotteurs ! 

D’autres familles sont concernées : la Renoncule aquatique en est un exemple et la Sagittaire fait encore mieux car elle possède trois types de feuilles, rubannées sous l’eau, cordiformes pour les feuilles flottantes, et en fer de lance pour les feuilles érigées.

Les illustrations que je montre dans mes "Mots de Bota" ont servi dans des guides naturalistes des éditions Delachaux et Niestlé et Gallimard; on peut consulter ma bibliographie d'illustratrice (pas tout à fait à jour!) sur une page du blog: Livres

Et n'oubliez pas de visiter mon nouveau blog: Botazoom  !

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 15:12

Cette rubrique de « Mots de Bota » ne devrait pas manquer de piquant !

D’abord, voyons la différence  entre aiguillon et épine qui théoriquement est assez simple, mais dans le fond, une fois exposé le cas bien net des rosiers qui porte des aiguillons, puis celui très clair aussi du prunellier (ou épine noire) qui porte des épines, il existe comme toujours en botanique une gamme de variations et de combinaisons qui peuvent tromper l’observateur !

Cela semble bizarre mais en fait l’aiguillon tient du poil car c’est une production superficielle de l’épiderme, répartie au hasard le long de la tige. Un aiguillon peut se détacher laissant une petite cicatrice qui ne porte pas atteinte à la plante. Le rosier, la ronce sont les cas les plus typiques. Sur cette aquarelle d'un rosier ancien, rien à voir avec les beaux crochets arqués qui ornent avec netteté les tiges du rosier classique; les aiguillons sont très nombreux et glanduleux: ils tiennent plus du poil!

L’aiguillon ne correspond pas à un organe modifié (rameau, feuille ou stipule de feuille), mais il apparaît sur un ou plusieurs de ces organes, parfois même sur un fruit.

L’épine, au contraire vient de plus profond, elle fait corps avec le bois de la tige, au point que parfois elle porte des fleurs, des petites feuilles ou des stipules comme sur la Bugrane épineuse. Elle est donc irriguée de sève et il est impossible  de la détacher sans détériorer le végétal autour.

 Une épine est un organe  modifié, voyons-le sur cette Epine vinette. Il s’agit là en fait d’une grande épine centrale (feuille modifiée) entourée de deux petites épines (stipules modifiés).

 

 Et puis parfois c’est l’ensemble du feuillage qui est épineux comme chez l’Ajonc qui combine des épines-tiges et des épines-feuilles.

 

Chez l’Epicea ou encore le Genévrier il ne s’agit plus que de feuilles modifiées : on parle alors de feuilles aciculaires ou simplement acérées.

Comment reconnait-on les aiguilles du Sapin de celles de l'Epicea? Celles du Sapin  sont linéaires mais ne sont pas aciculaires!

 

Quand le contour d’une feuille, le dos d’une nervure sont garnis d’émergences piquantes, ce sont des aiguillons, qui peuvent même parfois apparaître sur la surface du limbe, c’est le cas de nombre de chardons. Chez le Houx ou le Mahonia, on dira que le contour du limbe est acutilobé parce que ce contour , on peut encore le percevoir à peu près.

 Alors que chez certains chardons très épineux, on se trouve un peu perdu dans le fouillis des aiguillons qui ornent non seulement les contours de feuilles mais aussi des lignes de crêtes sur les tiges et les bractées des calices comme sur mon Scolyme qui se défend bien des brouteurs!

Ma rubrique "Mots de Bota" compte maintenant beaucoup d'articles, c'est une occasion que j'espère ludique de faire des révisions !

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 18:00

Ces trois mots peuvent figurer dans ma rubrique « Mots de Bota » car après tout ce sont des mots que nous employons souvent sans bien connaître leur définition précise, nous avons juste l’idée d’un terrain pauvre sur lequel une végétation particulière peut pourtant prospérer. Nous pensons à juste titre que lande est un terme plutôt réservé au nord de la France tandis que maquis et garrigue sont méditerranéens. Nous pensons aussi que ces termes s’appliquent à des espaces colonisés plutôt par des espèces ligneuses même si elles sont petites (la bruyère par exemple est un sous-arbrisseau), sinon nous aurions plutôt affaire à des pelouses sèches. 

La lande n’est pas forcément sèche, des landes humides s’établissent en lisière des marais ; par contre les landes perchées sur des sites rocheux sont plutôt des landes sèches.  On trouve sur toutes les landes qu’elles soient sèches ou humides  une plante commune : la callune (Calluna vulgaris). La présence de la callune donne surtout une indication que le sol est acide.

La présence de deux bruyères du genre Erica permet de préciser s’il est besoin si nous sommes sur une lande humide (Bruyère à quatre angles, Erica tetralix), ou sur une lande sèche (Bruyère cendrée, Erica cinerea).

Panneau pour le bureau de l'Environnement de l'Orne

Panneau pour le bureau de l'Environnement de l'Orne

Ce fragment de panneau montre une lande humide de Basse Normandie avec en bas à droite la bruyère à quatre angles qu’on trouve aussi dans les tourbières.

Les landes atlantiques sont en forte régression et doivent être restaurées et entretenues par le pâturage par exemple, car en fait ce sont des formations qui évoluent naturellement vers le boisement

Pour le site naturel de la Roche d’Oëtre, j’avais représenté un  petit morceau d’une lande sèche à cladonies établie sur le rocher avec entre les affleurements de poudingue un sol presque stérile, d'aspect cendreux : un podzol, il se maintient dessus la callune et la bruyère cendrée noyées dans des boules de lichen (des cladonies) et le Millepertuis à feuilles linéaires.

 

Pour les guides Gallimard du pourtour méditerranéen

Pour les guides Gallimard du pourtour méditerranéen

Mais partons maintenant dans le Midi, pour « maquis » et « garrigue », la distinction n’est pas si nette que ça, ce qui a entraîné l’usage récent d’un terme nouveau d’origine espagnole qui regroupe ce genre de milieux pauvres et secs : le matorral.

Le maquis, dans mon idée, suppose pourtant une végétation arbustive assez dense et plus élevée parfois difficilement pénétrable et je le vois plutôt installé sur des sols siliceux (la Corse, le Var par exemple). Mais en fait, les plantes qui figurent sur ce morceau de maquis ne sont pas typique d'un sous-sol cristallin... L'Yeuse (le Chêne vert) s'installe sur tous types de rochers. Entre les chêne verts de gauche à droite, figurent le genévrier cade, l’asperge sauvage et le pistachier térébinthe, le buis derrière une touffe d’euphorbes characias et le houx fragon. Ce sont des plantes qui aiment le calcaire.

Pour la garrigue, j’ai plutôt des images d’arbrisseaux (Cistes, Romarins, Chêne kermès) espacés parsemées toutefois de pins et d’arbustes, et elle me semble associée à des terres calcaires et dolomitiques.

Sur ce pavé (guide Gallimard sur le PNR du Lubéron), j’ai montré la garrigue sur du rocher calcaire compact avec le Ciste cotonneux, la Leuzée conifère. Quand le sol se délite davantage le Romarin peut s’installer ainsi que l’Iris nain.

Le stage récent "Cabinet de curiosités", a donné envie à 5 stagiaires de s'inscrire dores et déjà pour le week-end de printemps,  que j'ai annoncé sur ma page "Stages" et qui aura lieu les 5 et 6 Mai 2018. Bien sûr à cette époque-là nous peindrons des fleurs! 

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 19:38
Cônes et Cupules

Cônes des conifères

Chacun peut le dire : le cône est le fruit des Conifères, mais attention, c’est aussi le cône mâle au moment de la floraison et aussi le jeune cône femelle avant qu’il grandisse et se lignifie. D’ailleurs, ce fruit ne ressemble pas toujours à une pomme de pin, loin de là ! Par exemple, on pourrait théoriquement parler de cônes à propos des baies de Genévrier ou des arilles de l’If, bien qu’en fait on le fasse rarement.

Cônes et Cupules

Les cônes des Sequoias répondent davantage à l’idée que l’on se fait d’un cône. Cette idée est très liée au phénomène suivant que l’on pourra mieux observer sur des jeunes cônes de Pins avant qu’ils soient trop ouverts : c’est une disposition mathématique spiralée des écailles qui permet d’en caser le plus possible, la suite de Fibonacci.

Cônes et Cupules
Cônes et Cupules

Ceci est bien sûr important à repérer pour dessiner correctement ces cônes. Quand le cône est bien ouvert, comme sur ma pomme de Pin weymouth, il est plus difficile de repérer les spirales de construction ; il convient de chercher avant tout le bon placement des écussons, qui sont la partie externe et losangée de l’écaille qui était seule visible sur le cône fermé. Relier ensuite ces écussons à l’axe central en profondeur est alors plus facile.

Dans l’illustration du cône de Pin pignon ou Pin parasol (Pinus pinea), j’ai ressorti une écaille qui sert de berceau pour deux pignes. Ce sont des graines protégées par une paroi dure et dépourvues ici d’une aile alors que souvent chez les Pinacées du moins, les graines sont ailées.

Par extension, et du fait d’une ressemblance morphologique, on utilise assez souvent le nom de cônes pour les fruits du Houblon ou de l’Aulne, ce qui peut prêter à confusion mais l’habitude est prise !

Cônes et Cupules

Cupules des cupulifères, bogues

La cupule c’est la petite coupe qui retient pendant un temps les fruits secs des Cupulifères comme le Hêtre, le Noisetier, le Chêne et même le Châtaignier. En regardant de près la cupule du gland on peut reconnaître qu’il s’agit d’un involucre lignifié dont les petites bractées se sont plus ou moins agglomérées. Dans les cas du gland et de la noisette, la cupule enchâsse un akène à parois très dure : une nucule.

Cônes et Cupules

Bien que l’aspect de la faine et de la châtaigne semble différent il s’agit bien, enserrant les akènes, d’une cupule qu’on appelle plus communément une bogue.

Cônes et Cupules

La variabilité morphologique des cupules des Cupulifères semble un peu déroutante surtout avec le fruit du Charme, une Bétulacée de l'ordre des Fagales, qu’on peut tout de même sentir proche du Noisetier (Corylacée de l'ordre des Fagales aussi). La bractée foliacée du Charme,trilobée et accolée à chaque nucule est une cupule à sa façon. En réalité les Bétulacées, les Corylacées et les Fagacées forment un groupe homogène et différencié des autres familles dans l'ordre des Fagales.

Cônes et Cupules

A ce propos il faut bien faire la différence avec le fruit du Marronnier : le marron n’est pas un akène mais une grosse graine à l’intérieur d’une capsule et non d’une cupule. Sur un akène, il reste toujours des vestiges des styles au sommet, on le voit bien sur la châtaigne et la faine ; ce n’est pas le cas chez le marron qui est tout rond. Le marron a grossi dans sa capsule aux dépens des autres graines qui ont avorté et l’intérieur de la bogue montre les cloisons écrasées des deux autres loges originelles de la capsule. Le marronnier n’appartient donc pas à cette famille des Cupulifères.

Voir cette page plus explicite :

http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/Fruits/marron.htm

Ma rubrique "Mots de Bota" compte maintenant 24 articles, On peut y accéder par un lien que voici: Mots de Bota

Vous pouvez aussi y accéder en tapant un mot dans le petit moteur de recherche de la colonne de gauche du blog!

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 10:23

Le monotrope sucepin

Je vous transmets ces quelques révisions qui m’ont été utiles !

Le Monotrope sucepin est une plante parasite sur les racines d’arbres divers dont le pin. Voici la définition d’une plante parasite d’après la Flore vasculaire de Basse-Normandie de Michel Provost : « Plante totalement dépourvue de chlorophylle ne devant sa subsistance qu’à des prélèvements de matière organique opérés sur d’autres êtres vivants », avec 3 exemples, le Monotrope, mais aussi les Orobanches et la Cuscute.

Il existe beaucoup d'espèces d'orobanches, leur détermination n'est pas facile bien qu'elles aient chacune leur plante-hôte préférentielle !

Il existe beaucoup d'espèces d'orobanches, leur détermination n'est pas facile bien qu'elles aient chacune leur plante-hôte préférentielle !

Mon illustration de la Cuscute du thym ici grimpant dans de l’Ajonc montre en coupe grossie les suçoirs qui pénètrent jusqu’au cœur de la tige.

Mon illustration de la Cuscute du thym ici grimpant dans de l’Ajonc montre en coupe grossie les suçoirs qui pénètrent jusqu’au cœur de la tige.

La Lathrée clandestine

La Lathrée clandestine est également une plante parasite sur les racines de peupliers, aulnes et saules. Elle forme au pied de ces arbres de superbes coussins roses très surprenants. On note chez toutes ces plantes que les feuilles sont réduites à de petites écailles discrètes et pâlottes puisqu’elles ne sont pas utiles pour la photosynthèse.

Un hémiparasite: le Gui

J’ai choisi pour la plante hémiparasite, la définition donnée par Bernard Boulard dans son Dictionnaire de Botanique : « un végétal supérieur qui, encore pourvu de chlorophylle mais en quantité insuffisante, ne prélève aux dépens de son hôte qu’une partie des aliments organiques dont il a besoin pour vivre ».

L’exemple cité est le Gui (Viscum album), c’est le plus connu mais on peut ajouter que nombre de plantes de la famille des scrophulariacées sont dites hémiparasites : le Rhinante, le Mélampyre, les Pédiculaires, les Parentucelles et les Euphraises, entre autres. Leurs racines se sont transformées en suçoirs pénétrant dans les racines d’une autre plante pour y puiser de la sève brute.

Une hémiparasite: la Pédiculaire

La différence la plus visible avec les vraies plantes parasites est donc que les hémiparasites sont capables d’une photosynthèse normale, leurs feuilles sont vertes et en dehors du gui dont la position est aérienne pour les autres qui s’attaquent aux racines de leur plante-hôte, il est bien difficile de deviner qu’elles sont hémiparasites !

Une mycohétérotrophe: la Néottie nid d'oiseau

Quant aux plantes saprophytes, la Nouvelle Flore de Belgique donne une définition qui au premier abord semble très claire : « Plante dépourvue de chlorophylle, tirant de l’humus les substances nécessaires à sa vie, généralement par l’intermédiaire d’un champignons vivant autour de ses racines ou dans celles-ci ». Il n’y a pas de suçoirs, mais une sorte de symbiose avec les filaments végétatifs d’un champignon associé aussi aux racines d’un feuillu particulier(Mycorhize). La Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis) a longtemps été considérée comme un exemple de plante saprophyte, avec aussi d’autres orchidées repérables par l’absence de feuillage vert telles le Limodore où l’Epipogon. Les autres orchidées de France sont chlorophylliennes et donc ne restent dépendantes de la présence d’un champignon au niveau de leurs racines que pour assurer la germination des graines. Cependant on considère maintenant que le vrai saprophyte est le champignon qui décompose la litière forestière et qu’en fait l’orchidée parasite ce champignon… Et on emploie maintenant pour ces orchidées le terme de mycohétérotrophe.

Beaucoup d'autres termes spécifiques à la Botanique font l'objet de 22 articles différents dans ma catégorie "Mots de Bota" (lien dans la colonne de gauche) avec bien sûr des illustrations issues de mes anciens travaux pour les éditions Gallimard, Delachaux et Niestlé et Nathan.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:10
Etamines pétaloïdes du camélia
Etamines pétaloïdes du camélia

Pétaloïde est un adjectif qui peut qualifier beaucoup plus de pièces florales qu’on peut l’imaginer à priori !

La fleur classique en coupe de profil nous montre partant de la tige, des bractées, un calice formé de sépales, puis des pétales, parfois des nectaires puis des étamines et au sommet de cette pyramide le stigmate. Le terme de pyramide n’est pas faux mais valable seulement pour les fleurs évoluées pour lesquelles les fonctions des pièces florales sont bien différenciées avec des nombres constants. Pour beaucoup de fleurs plus primitives il vaudrait presque mieux parler d’une disposition en spirale. Cette disposition archaïque existe par exemple chez le magnolia, le camélia ; elle se caractérise par une certaine variabilité dans le nombre des pièces de chaque couronne et par la présence de pièces intermédiaires qu’on a du mal à nommer. Par exemple chez certains camélias le cœur s’enrichit d’étamines pétaloïdes sur la zone de passage entre les pétales et les étamines.

L'ancolie de profil
L'ancolie de profil

Chez les renonculacées, les sépales deviennent souvent pétaloïdes et donc ce que nous nommons pétales la plupart du temps, n’en sont pas vraiment. Les anémones, les clématites, sont dans ce cas : il y a passage direct d’un calice pétaloïde aux étamines et aux carpelles qui sont nombreux. Entre la couronne de ces tépales et les étamines, on voit parfois apparaître des nectaires comme chez les hellébores. Les renonculacées ont évolué ensuite stabilisant le nombre de leurs pièces florales et pour finir nous réservent des surprises ; voyez par exemple l’Ancolie qui possède un calice de 5 tépales pétaloïdes puis à l’intérieur 5 grands nectaires pétaloïdes avec un long éperon en crochet : il n’y a pas de vrais « pétales » dans l’Ancolie.

Pétaloïde

Voici ce que présente la fleur soulevée et vue de face.

Le périgone de 6 tépales du Lis
Le périgone de 6 tépales du Lis

Chez les Liliacées, la structure florale est très constante et basée sur le chiffre 3 ; on parle plutôt de tépales pétaloïdes que de pétales et ces 6 tépales forment un périgone. Cependant il existe souvent une petite différence visuelle entre les 3 tépales extérieurs plus étroits et pointus et les tépales intérieurs plus amples et parfois un peu plus colorés ou ondulés. Je le perçois bien chez les tulipes ou chez les lis.

Les bractées pétaloïdes du Bougainvillier
Les bractées pétaloïdes du Bougainvillier

Des bractées pétaloïdes sont très fréquentes également pour rendre attirantes des fleurs qui sans cela passeraient inaperçues par les insectes pollinisateurs. Regardez de plus près une fleur d’Hortensia, ou de Cornus des jardins et vous verrez au cœur un groupe serré de toutes petites fleurs très anodines ! C’est le cas aussi pour le Bougainvillier, ci-contre.

Le stigmate pétaloïde de l'Iris
Le stigmate pétaloïde de l'Iris

Le stigmate pétaloïde de l’Iris avec ses 3 grandes pièces recourbées élargies et à bordures ondulées jaillissant du cœur qui du coup se trouve bizarrement vide, est une curiosité également. Les étamines se trouvent cachées sous les styles. Sur cette petite recherche de couleur qui s’intéressait plutôt aux grands tépales chamarrés de violet, je vous ai fléché les trois pièces du stigmate.

Cet article fait partie d'une série "Mots de Bota" qui comporte déjà 21 articles! j'ai le plaisir de constater dans mes stats qu'un de ces articles est très souvent consulté: monoïque, dioïque.

Vous pouvez y accéder par la colonne de gauche dans les Catégories.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 18:46
Scabre, scarieux, hyalin

Un nouvel apport pour ma rubrique "Mots de Bota" sur trois adjectifs qu'on trouve dans les Flores :

Scabre, rude, râpeux au toucher. Ce sont souvent une tige ou une arête qui accrochent quand on passe le doigt du fait de la présence de mini aspérités disposées en biais. Les tiges triquètres et coupantes de certains Carex, les arêtes qui carènent les épillets de graminées sont parfois scabres. Le bord des feuilles de la Garance voyageuse l'est également.

Scabre, scarieux, hyalin

Les tiges et rameaux riches en silice des prêles sont scabres et servaient d’ailleurs d’abrasif autrefois!

Scarieux, s’emploie pour des parties d’une plante qui sont membraneuses, sèches et un peu translucides, jamais vertes mais plutôt parcheminées.

Chez les scirpes, les carex, les bractées sont souvent scarieuses.

Un bel exemple se trouve sur la Leuzée conifère ou encore le Catananche, deux astéracées du Midi dont les bractées du capitule présentent cet aspect à la fois coriace et délicat.

Certaines bractées argentées forment de fausses ligules comme autour du cœur de la carline acaule : elles sont scarieuses également ainsi que les stipules foisonnants de la Paronyque argentée qui de par leur finesse sont déjà (pour moi) presque hyalins !

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

La Paronyque: une véritable entreprise de peindre un tel sujet!

Scabre, scarieux, hyalin

Hyalin a le même sens mais donne une idée de fragilité et de transparence plus nette. C’est le cas des gaines « diaphanes » qui enveloppent les feuilles du crocus ou de l’Iris réticulé (ci-dessus) ou d’autres bulbeuses car ces gaines fragiles sortant d’un bulbe sont à l’origine des tuniques externes dans le bulbe. Les spathes des narcisses deviennent souvent hyalines en séchant, prennent une allure de papier de soie et tombent assez vite. Dans les descriptions des flores et souvent au sujet des capitules d’astéracées, on parle de bractées à marges hyalines quand les bords en s’amincissant deviennent translucides, presque transparents et se déchirent très facilement.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 17:48

La planche du Volubilis est finie ! Si vous avez suivi les différentes étapes sur ce blog, vous la connaissez déjà bien et le résultat final ne vous causera guère de surprise !

J’ai ajouté un petit fruit, une capsule, d’après des photos de mon commanditaire car mon Ipomoea indica ne produit pas de capsules dans la contrée trop nordique où j’habite.

Volubile, Volubilis

Et puisque Volubilis en latin signifie « qui tourne aisément », j’en profite pour évoquer brièvement ce mot de volubile pour ma rubrique « Mots de bota ».

Une plante volubile possède la capacité d’enrouler sa tige autour d’un support ; elle ne se sert d’aucun autre moyen pour grimper, ni vrilles ni crampons. Elle possède une capacité formidable du bout de sa tige qu’on nomme la flèche, à osciller à la recherche d’un support sur lequel elle pourra commencer à s’enrouler. C’est le mécanisme compliqué de la circumnutation, sur lequel les scientifiques se sont beaucoup penchés.

Le premier de ces savants fut Charles Darwin qui à la fin de sa vie étudia en chambre les comportements de plants de Houblon, d’Ipomée, de Haricot d’Espagne et de Liseron. Il note par exemple que le Volubilis dont l’enroulement est dextre, (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre), est plus lent que le Houblon qui lui, est senestre (comme également le Chèvrefeuille). Ces termes de dextre et senestre prêtent beaucoup à polémique suivant que l’on se place de l’extérieur ou dans la spirale !

Volubile, Volubilis

Pour moi (et pour une partie de ces scientifiques…) qui me place au dehors, le Chèvrefeuille tourne donc dans le sens des aiguilles d’une montre. Il a la force nécessaire quand il prend de l’âge pour étrangler le support qu’il a choisi car ce dernier, lui aussi, continue à grossir. On rencontre parfois des arbustes déformés en pas de vis comme sur cette illustration au brou de noix que j’avais réalisé pour un Almanach des fleurs sauvages (Terre sauvage/Delachaux et Niestlé).

Ma catégorie "Mots de bota" compte à ce jour une vingtaine d'articles, vous la trouverez dans la colonne de gauche.
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 18:39

le Souci (Calendula arvensis)

Une plante Annuelle boucle tout son cycle de végétation dans une seule année, de la graine qui s’enracine à la graine qui est produite avant les grands froids de l’hiver, durant lequel il ne reste aucune feuille ni racine en principe. Une vraie annuelle commence sa floraison en mai-juin et les fleurs se succèdent tant qu’il ne fait pas trop froid !

J’ai trouvé dans mes cartons quelques illustrations d’annuelles moins connues que les Coquelicots et Bleuets comme par exemple le Souci (Calendula arvensis), le Fumeterre officinal (Fumaria officinalis), la Bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris) ou encore la discrète Guimauve hirsute (Althaea hirsuta).

la Bourse à pasteur

En novembre, j’ai encore quelques nigelles en fleur bien qu’elles soient fort petites. Je sais qu’elles se ressèment toutes seules et je me demande s’il peut y avoir plusieurs générations sur ma plate-bande dans la même année. La période de dormance nécessaire pour qu’une graine germe de nouveau est-elle compatible avec ce cas ?

Pour la Bourse à pasteur, ci-contre, cela ne m'étonnerait pas!

Des messicoles telles que la nigelle ou le bleuet, la nielle sont en fait des « annuelles d’hiver » ; il est bon qu’elles commencent leur cycle en automne ou en hiver, voir cet article sur Tela botanica :

le Fumeterre officinal

En les semant au printemps, on court le risque qu’elles fleurissent moins bien voire même qu’elles meurent avant la floraison car un froid hivernal leur est nécessaire. L’an dernier mes pavots, semés à l’automne précédent ont été superbes !

Les annuelles ne sont pas capables de stocker durablement les substances de réserve produites par la fonction chlorophyllienne, car elles ne possèdent pas d’organes adaptés pour cet usage (bulbes, rhizomes et tubercules).

Deux années pour la Carotte !

Si le cycle végétatif nécessite 2 ans, il s’agit de Bisannuelles comme la Carotte.

Les bisannuelles passent souvent l’hiver sous forme de bourgeons voire d’une rosette qui offrent moins de prise au gel. En terre subsiste un système racinaire plus ou moins efficace pour constituer des réserves qui serviront à produire une belle floraison la deuxième année.

Là aussi, la période de froid que subit la plante est importante pour son fleurissement futur : c’est la vernalisation.

Les Bisannuelles meurent à la fin de leur cycle de 2 ans mais comme ce sont souvent des populations de plusieurs pieds dont l’évolution s’est décalée dans le temps, nous n’en prenons pas vraiment conscience.

la Vipérine

De nombreuses plantes qualifiées d’annuelles peuvent se comporter en vivace si le climat (un hiver doux) le permet. La résistance de leurs parties aériennes au froid est déterminante. La formation des graines reste une garantie de survie et c’est la reproduction par graines qui permet d’éviter l’appauvrissement génétique d’une population.

A l’inverse, de nombreuses plantes qui sont vivaces dans leur région d’origine à climat chaud ne pourront survivre au jardin qu’en tant qu’annuelles (le volubilis sera plus vivace dans le midi et plutôt annuel au Nord de la Loire).

le Bouillon blanc

Dans la flore sauvage de France, la majorité des herbacées sont des vivaces et heureusement car ce sont celles qui résistent le mieux aux mauvais traitements que nous leur faisons subir ; les vraies bisannuelles sont moins fréquentes : citons les Molènes (par ex. le Bouillon blanc), l’Oenothère ou Herbe aux ânes (Oenothera biennis), la Vipérine (Echium vulgare), la Digitale (Digitalis purpurea).

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