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  • : aquarelle-bota-clairefelloni
  • : Le blog met en ligne des cours d'aquarelle botanique, il parle de mon activité d'animation de stages d'aquarelle botanique, de mon métier d'illustratrice-nature, de mon intérêt pour la tradition de la peinture naturaliste, les sites naturels,la flore, et la faune sauvage.
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Pivoines de Sourches

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 15:43

De retour de Catalogne je vous poste ces quelques petites notes de terrain que j’ai prises, de temps en temps sans me forcer, sur des espèces très méditerranéennes parfois bien discrètes par leur taille au moins pour les deux premières car le Pois élevé passe moins inaperçu et le Chardon Marie est une grande espèce, carrément exubérante en lisière de champs dans cette région de l’Emporda.

La linaire de Pélissier

La linaire de Pélissier

Quand le temps très changeant n’était pas au beau je m’installais avec loupe, compte-fils et cutter et je dessinais ce que j’arrive à voir en posant un peu de couleur. Cela me permet d’observer plus en détail et ainsi de m’y retrouver un peu dans la flore locale et de donner un nom à mes échantillons. Pour l’essentiel, je me sers de deux sites que je consulte beaucoup : Flora catalana qui donne des photos et des cartes de répartition et Flora iberica qui autorise à télécharger des .pdf sur beaucoup de familles de plantes espagnoles avec des planches de dessins très détaillés bien que la clé, en espagnol, freine un peu pour l’utiliser !

La Linaire de Pélissier est très fine ; avec le compte-fils on peut se rendre mieux compte de la délicatesse de sa forme et de son coloris.

l'Hélianthème d'Italie

l'Hélianthème d'Italie

Les hélianthèmes et les fumanas ne sont pas faciles à différencier, j’espère ne pas mettre trompée pour celui-ci : l’Hélianthème d’Italie (Helianthemum oelandicum subsp. Italicum), qui a des fleurs très petites comme la linaire.

Le pois élevé

Le pois élevé

Le Pois élevé qui en France serait plutôt dénommé Lathyrus oleraceus subsp. biflorus est donc classé dans les gesses d’ailleurs Pisum n’est plus un genre différent pour nous ; il est très beau à observer et je ne l’ai vu qu’une fois.

Le Chardon Marie

Le Chardon Marie

Pour finir le Chardon Marie (Silybum marianum), aux grandes feuilles marbrées de blanc et avec son involucre de bractées épineuses m’a bien amusée car j’ai cherché à isoler des fleurons pour les représenter. Lorsqu’on coupe en deux ce capitule on comprend vraiment qu’il est proche de l’artichaut car il est rempli de foin. Je ne suis pas restée assez longtemps pour voir ce foin s’envoler sous forme d’un nuage de pappus qui emportent les graines un peu plus loin si toutefois les cétoines n’ont pas trop endommagé les fleurs, car elles sont très présentes sur les capitules !

Voilà ! Je vous souhaite à tous de passer un beau printemps en observant notre flore !

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 19:53

On ne connait de ce peintre que trois grands panneaux peints à l’huile sur toile (92 x 120 cm) qu’on date d’environ 1615. J’ai pu en admirer deux de nouveau hier en faisant une longue visite à Paris au Musée des Arts Décoratifs. Girolamo Pini est un peu une énigme, il pourrait bien être un élève de Jacopo Ligozzi puisqu’il est actif à Florence au même moment. Le troisième tableau également au musée des Arts décoratifs et où figure au centre un très bel iris de Suze n’est pas accroché au musée, du moins en ce moment.

 

Girolamo Pini est complètement dans l’air du temps à l’époque où il peint ces toiles ; ce sont des  Florilèges, sortes de beaux catalogues montrant surtout des plantes bulbeuses qui sont très appréciées dans les jardins princiers. Chaque plante de ces tableaux a nécessité une bonne dose d’observation botanique et cette tendance est assez récente à l’époque, encouragée par les mécènes éclairés et passionnés de sciences naturelles que sont les Médicis. Ici, le décoratif ne prend pas le dessus et le peintre a très probablement eu tous ces spécimens sous les yeux, ce qui donne une idée de la richesse des jardins botaniques de la renaissance au Nord de l’Italie. Trois de ces jardins fondés par les Médicis sont alors réputés pour leur intérêt scientifique : d’abord ceux de Pise et de Padoue, puis celui de Florence. Jacopo Ligozzi peint de vraies études botaniques sur papier. Girolamo Pini, lui, peint à l’huile et cette technique reste mieux en phase avec une conception plus décorative, plus anecdotique de ce genre de travaux.

 

Voyez par exemple cette mouche négligemment posée sur le rouleau de parchemin maintenu par des épingles qui détaille l’inventaire des plantes représentée sur le panneau. C’est le genre de petite fantaisie que s’accordent souvent les peintres de fleurs de l’époque, Giovanna Garzonni le pratique également. Mais jamais ces peintres de nature italiens du début du 17ème que sont Jacopo Ligozzi, Giovanna Garzonni ou Girolamo Pini  ne vont tomber dans des apports un peu fantastiques qu’on pouvait voir au 16ème siècle dans certains  cabinets de curiosités (par ex. sur les peintures de Joris Hoefnagel).

 

Par contre, il n’est pas interdit de tirer un parti le plus décoratif possible pour embellir la collection du prince, c’est cela un Florilège ;  et Girolamo Pini nous montre son catalogue sous la forme d’un beau semis floral tel qu’on en voyait sur les tapisseries du moyen-âge sauf que là c’est le sujet principal du tableau et très bien documenté !

Le fond en mi-teinte caramel  fait mieux ressortir les fleurs blanches, qu’il est toujours très délicat de représenter sur une feuille blanche, il faut l’avouer et là le peintre se régale de cette liberté que donne l’huile. Vous remarquerez que quelques vedettes sont mises à l’honneur, comme la Pivoine et la Fritillaire « couronne impériale », ainsi que l’Iris de Suze (que vous ne verrez pas !...).

 

J’ai tenté de retrouver les espèces figurées mais Linné n’était pas encore passé par là et ce serait hasardeux d’aller plus loin dans une identification. Bien sûr la Fritillaire impériale (Corona imperiale), est facile à nommer mais la grande Pivoine est listée comme Peonia dup. et je ne sais pas à quoi cela correspond !

 

 

 

 

 

 

Mes photos laissent à désirer, l’éclairage faible, les brillances sur la surface, mais je ne résiste pas à faire partager mon intérêt pour ces tableaux que vous devriez bien aller voir à l’occasion , rue de Rivoli, au Musée des Arts Décoratifs qui est une merveille à visiter !

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 16:24

Voilà une famille assez aride à aborder et pourtant, dès qu’on décide de sortir la loupe, il s’avère que la floraison des graminées ne manque pas de charme même si elle est très discrète !

La forme et la couleur des épillets est très variable et leur façon de s’accrocher dans l’inflorescence détermine des silhouettes très différentes ! Je me suis amusée à capturer quelques images en gros plan sur le récent Miniguide n°91  que j’ai illustré pour la Salamandre.

On a parfois un peu de mal à identifier les parties d’un épillet de graminée qui n’est lui-même qu’un petit fragment de l’épi ou de la panicule. Cet épillet, partant du pédicelle, comporte d’abord en principe une paire de petites bractées inégales carénées et souvent même terminées par une arête : ce sont les glumes, puis une ou plusieurs fleurs qui sont entourées chacune de deux glumelles plus discrètes, parfois presque transparentes et encore deux autres glumellules.

 

 

 

 

 

 

On voit sur l’épillet de la Folle-avoine que ce sont les glumelles et non les glumes qui sont aristées et les longues arêtes sont genouillées.

Au cœur s’élève le pistil surmonté de deux stigmates plumeux qu’on voit mieux une fois que les trois étamines attachées au pied du pistil sont un peu passées car la fleur,  plus avancée en floraison, est temporairement plus ouverte. Souvent on observe les épillets alors que la floraison est achevée et donc, les étamines sont tombées, le grain se forme sous les stigmates séchés, glumelles et glumes se referment dessus pour le protéger.

 

 

Chez le Phragmite ou roseau commun, les axes des épillets et la base des lemmes sont enrichis de longues soies blanches.

 

Sur le Seigle on voit au centre en haut une dernière fleur en fait stérile ne présentant que les glumelles qui sont chez cette espèce plus imposante que les glumes à la base.

 

L’élégante Mélique est très discrète avec ses glumes roussâtres il ne faut pas la confondre avec la Brise intermédiaire ou Amourette qui est peut-être plus charmante encore avec ses pédicelles tortillés !

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 10:43

Ce bel arbre (Magnolia grandiflora) aux grandes feuilles vernissées d’un vert lumineux et poudrées de roux au revers et aux opulentes fleurs d’un blanc ivoire est originaire des Etats unis. Les pétales un peu charnus rouillent assez rapidement bien qu’ils semblent solides, de ce fait la fleur est vraiment à peindre en priorité même si sa collerette de feuilles est indispensable à figurer en arrière-plan pour la faire ressortir.

Le parfum que dégage cette corolle est vraiment enivrant ! Cette étude à l’aquarelle a été réalisée à la mi-juillet en trois après-midis mais déjà le deuxième jour, les couleurs des pétales avaient changé et je n’ai pas voulu me laisser entraîner par cette oxydation des pétales.

Avant de tomber, ils prennent la texture et la couleur du cuir, c’est très surprenant et cela pourrait être un apport de second plan, dans une planche botanique complète où figurerait bien sûr également le fruit et aussi quelques graines rouges qui en surgissent, prêtes à tomber…

Magnolia grandiflora, aquarelle

Magnolia grandiflora, aquarelle

Dans une aquarelle sur vélin bien connue datant de 1743, le célèbre peintre en botanique anglais Georg Dionysius Ehret montre ces éléments, fruit et graines s'en échappant, comme posés à côté au pied du rameau.

 

 

 

Dans la corolle, autour de la masse globuleuse des carpelles, les étamines souvent bousculées par des coléoptères gourmands se retrouvent entassées dans le creux des pétales ; elles ne figurent pas là.

 

J’ai trouvé une autre très belle représentation de la fin du 18ème siècle de Carl Adolf Senff qui dénote la présence de ces filets d’étamines en petit tas. Ce peintre allemand fut renommé en Italie comme peintre de fleurs ; il semble qu’il peignait ses sujets floraux souvent à l’huile sur papier sans doute encollé sur un carton plus épais.

Il faut dire que les premiers Magnolias à grandes fleurs sont rapportés à la fin du 17ème siècle depuis les anciennes contrées sudistes d’Amérique que sont la Virginie et la Caroline, d’abord en Angleterre puis dans les jardins d’Europe.

A Nantes une collection nationale de référence des magnolias rappelle le passé d’introduction de ces végétaux rapportés sur le pont des voiliers traversant l’Atlantique. C’est le « Saint Michel » qui en 1711 transporta le premier plan de Magnolia grandiflora en France et le débarqua près de Nantes au port de Paimboeuf. Après de nombreuses péripéties et échecs, par marcottage aérien, le magnolia se répand peu à peu dans les jardins botaniques de l’ouest où il se plait en pleine terre.

Le fameux magnolia d’Hectot planté en 1807 au Jardin des plantes de Nantes provenait d’après Jean-Alexandre Hectot d’une marcotte du premier plan français cité ci-dessus, installé à la Maillardière (Vertou, près de Nantes) ; si cet arbre, le plus imposant de la région est bien toujours le même, il serait âgé de 211 ans ; il est à coup sûr vraiment remarquable (2,78 m de circonférence).

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 14:56

Dans le dernier numéro (n° 246) de « La Salamandre », figurent deux de mes contributions.

Pour les abonnés, il y a un Minigide sur les graminées détaillant 27 plantes qu’on qualifie souvent sans se casser la tête d’herbes folles. Une bonne révision m'était nécessaire : elles sont finalement toutes différentes et bien jolies ces graminées pour peu qu’on les regarde à la loupe !

Il y a aussi un article de la rubrique « Tout près d’ici » consacré à un sujet de saison ; cette fois c’est le Tilleul qui nous embaume en ce moment. Cet article est rédigé par Sofia Matos « Rêverie sous les tilleuls ».

La Salamandre, numéro 246

J’ai dessiné et aquarellé sur le terrain en juin dernier avec le plaisir de chercher de petits sujets à la fois représentatifs et anecdotiques autour des tilleuls sans rentrer dans le détail comme dans les miniguides. En tête de l’article figure une aquarelle montrant les beaux tilleuls du château de Sourches qui surplombent les douves sèches accueillant le conservatoire de la Pivoine. Ensuite, je suis allée près de chez moi dans un arboretum pour donner des vues plus détaillées de rameau, feuilles et fleurs des deux principales espèces, le Tilleul à grandes feuilles (Tillia platyphyllos) et  le Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata).

 

 

 

En fouillant au pied des arbres, j’ai trouvé des petits plans qui m’ont surpris par la forme digitée des cotylédons, ces deux premières feuilles sont très différentes de celles qui suivront !

Quelques butineurs en action!

Quelques butineurs en action!

 

 

Pour donner un peu de vie dans tout ça j’ai ajouté quelques butineurs, quelques insectes bien associés comme les gendarmes, le sphinx du Tilleul et les fameuses galles du Tilleul qui forment des petites cornes rouges sur les feuilles : les cécidies.

 

 

 

 

 

Que ces extraits de mes notes de terrain ne vous empêchent pas toutefois, de vous procurer ce numéro 246 de la Salamandre qui regorge par ailleurs d’articles intéressant pour les curieux de nature!

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 16:55

En Catalogne, j’ai eu récemment la chance de bien observer et de prendre en photo trois coquelicots parmi les plus courants de la flore méditerranéenne ; j’ai pu ainsi les comparer à loisir. Dans la moitié nord de la France, on rencontre surtout le Coquelicot (Papaver rhoeas L.) et il est assez variable de taille et de couleur, souvent il n’a pas de macules noires à la base des pétales, si bien que devant un individu plutôt petit et sans macules, il faut y regarder de plus près pour s’assurer qu’on n’a pas affaire au Coquelicot douteux (Papaver dubium L.), plus rare…

En Catalogne, j’ai vu des groupements de coquelicots douteux dont celui-ci, et j’ai été frappée par la couleur beaucoup plus orangée que chez le grand coquelicot. Les pétales, un peu plus étroits ne se recouvrent pas, mais ce qui le différencie vraiment est la forme oblongue de la capsule. A noter aussi qu’au contraire du grand coquelicot aux tiges et pédoncules garnis de poils étalés, la tige est ici garnie de poils appliquées.

cliquez dessus pour les voir en grand!

cliquez dessus pour les voir en grand!

A la sortie du camping j’ai, le lendemain ensoleillé d’un jour pluvieux, pris des photos nombreuses du Coquelicot hybride ou Coquelicot hispide (Papaver hybridum L.) en pleine floraison (et ça ne dure pas longtemps !), sa couleur magnifique tire beaucoup plus sur le rose vif et les anthères des étamines sont bleues !

La touffe était très fournie en fleurs toutes fraîches, elles sont très variables en taille et parfois beaucoup plus petites, les pétales ne se recouvrent pas. La capsule est hérissée de poils raides.

 

 

 

 

Chez  le Coquelicot (P.rhoeas), les pétales plus opulents se recouvrent en partie et leur couleur est d’un rouge plus éclatant : c’est le rouge « ponceau », ce nom de couleur proche du vermillon est aussi un ancien nom usuel pour notre coquelicot. Je vous montre ici des études de l’épanouissement d’un coquelicot sarthois, quand il paraît tout froissé venant juste de laisser tomber les deux sépales caducs qui protègent son bouton. En bas figure la capsule qui est dite poricide, c’est un vrai sucrier ! Sous le couvercle rond de la boite, qu’on appelle le disque stigmatique, se forme tardivement un anneau de pores juste assez grands pour saupoudrer les fines graines noires au sol en fin de saison!

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 19:19

Me voilà repartie sur les pivoines et une fois n’est pas coutume, ma première planche sera consacrée à une espèce botanique en fleur en ce moment au Château de Sourches. Les pivoines botaniques herbacées fleurissent plus tôt en général mais cette année un peu plus tard que d’ordinaire, ce qui fait bien mon affaire, il paraît que cette pivoine a besoin d’un hiver froid et pluvieux, elle a donc été servie et c’est peut-être pourquoi elle est bien fournie cette année dans la collection du conservatoire de la pivoine de Sourches!

 

Paeonia tenuifolia, au feuillage tout lacinié est originaire d’Europe centrale et du Caucase. Ce n’est pas une très haute espèce, la boule qu’elle forme ne dépasse pas 60 cm et les fleurs forment des coupes assez fermées d’environ 8 cm de diamètre. Les tiges sont abondamment feuillées presque jusque sous la fleur, ce qui donne l’effet d’une boule verte plumeuse piquée de corolles rouge vif, c’est charmant ! Son nom classique est Pivoine à feuilles menues, Redouté l’appelle Pivoine à feuilles linaires… mais elle est parfois nommées Pivoine Adonis ou Goutte de sang et pour qui connait cette petite plante messicole devenue très rare (l’Adonis Goutte de sang), la convergence de forme est en effet frappante… sauf que l’Adonis est bien plus petit ! 

 

Pour ma part, j’ai tenté dans mon étude sur le terrain, de prendre en note la couleur de celles de Sourches, elles sont magnifiques au soleil mais une lumière un peu plus douce convient mieux pour une représentation claire des formes aussi bien pour la corolle que pour le feuillage, qui au soleil, compliqué par les ombres portées deviendrait illisible !

Pour les aquarellistes : Dans mes essais j’utilise deux nouvelles couleurs, le rouge quinacridone de Winsor et Newton (548) et la Laque carminée de Sennelier (688) tout en commençant par le rose permanent habituel car sur le bord des pétales il existe un rose assez frais. Je reste fidèle à mon vrai cramoisi d’Alizarine (le 004 chez Winsor et Newton) car le 466, une imitation à la quinacridone, n’est pas capable de donner des tons aussi foncés en le concentrant. J’arrive à poser très localement un rouge grenat sombre en mélangeant cramoisi d’alizarine et magenta permanent (489 chez WN) et en concentrant la couleur.

Paeonia tenuifolia à Sourches

Paeonia tenuifolia à Sourches

 

 

 

 

 

 

Il y a longtemps qu’on connait Paeonia tenuifolia dans les jardins des amateurs et les gravures représentant cette pivoine ne sont pas rares, la version de Pierre-Joseph Redouté donne bien l’effet de coupe mais son feuillage me semble un peu maigre et froid en nuance car le feuillage de de Paeonia tenuifolia est d’un vert très gai.

 

 

 

 

 

 

Je vous rappelle le lien sur la Collection de pivoines du château de Sourches où très bientôt vous pourrez admirer ces beautés de visu :

http://www.chateaudesourches.com/conservatoire-de-la-pivoine/

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 16:56

Le dimorphisme sexuel n’est pas mon propos cette fois, cela avait déjà été un peu évoqué dans un ancien article (« Monoïque, Dioïque »)  de cette série sur les « Mots de Bota ».

Il existe quand même un dimorphisme foliaire lié à la reproduction chez les fougères et les prêles, entre frondes fertiles et frondes stériles, le terme d’hétérophyllie peut convenir aussi dans ce cas. Les frondes fertiles de l’Osmonde royale par exemple, sont plus érigées et solides, les frondes stériles aux pennes plus larges, plus horizontales donc bien exposées à la lumière, sont chargées d’assurer la fonction chlorophyllienne.

 

C’est un peu la même chose pour la prêle des champs, d’ailleurs la fronde fertile de cette prêle est beige, totalement dépourvue de chlorophylle.

 

Le lierre présente un dimorphisme foliaire entre les feuilles situées sur des rameaux végétatifs, rampants et les feuilles des tiges qui se redressent pour fleurir et donner des baies ; ces feuilles-là ne sont pas palmées.

L’ Hétérophyllie est liée à des facteurs variés comme la hauteur d’implantation de la feuille ou les contraintes du milieu mais parfois c’est génétiquement que la variation de feuille est programmée comme chez les Eucalyptus dont les jeunes feuilles sont largement ovales et d’un vert glauque alors que les feuilles adultes sont pointues ou en faucille et d’un vert plus sombre et brillant.

J’ai découvert aussi l’été dernier avec surprise que les cotylédons du tilleul étaient digités…

La hauteur d’implantation de la feuille :

Quand un arbre coupé rejette de souche les feuilles des rejets sont parfois plus grandes que la norme. On note généralement que les feuilles basales auraient tendance à posséder des contours plus simples, des formes plus larges sans doute parce qu’elles reçoivent moins de lumière.

Disons que dans certains cas la forme des feuilles diffère du simple fait de leur position, basale (en rosette) ou caulinaire (sur la tige florale). Un exemple de Polymorphisme: j’ai retrouvé cette illustration du Raifort (Armoracia rusticana) qui présente une belle variation de forme dans ses feuilles !

 

Les contraintes du milieu :

Les quelques familles de plantes comptant des espèces aquatiques à demi immergées comme les Myriophyllées, présentent un polymorphisme très net : les feuilles toujours immergées sont découpées en fines lanières, les feuilles flottantes présentent leur large limbe à la lumière. Voyez par exemple dans cette famille la Châtaigne d’eau (Trapa natans). Elle présente en plus la particularité de posséder des pétioles de feuille gonflés pour former des flotteurs ! 

D’autres familles sont concernées : la Renoncule aquatique en est un exemple et la Sagittaire fait encore mieux car elle possède trois types de feuilles, rubannées sous l’eau, cordiformes pour les feuilles flottantes, et en fer de lance pour les feuilles érigées.

Les illustrations que je montre dans mes "Mots de Bota" ont servi dans des guides naturalistes des éditions Delachaux et Niestlé et Gallimard; on peut consulter ma bibliographie d'illustratrice (pas tout à fait à jour!) sur une page du blog: Livres

Et n'oubliez pas de visiter mon nouveau blog: Botazoom  !

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 15:12

Cette rubrique de « Mots de Bota » ne devrait pas manquer de piquant !

D’abord, voyons la différence  entre aiguillon et épine qui théoriquement est assez simple, mais dans le fond, une fois exposé le cas bien net des rosiers qui porte des aiguillons, puis celui très clair aussi du prunellier (ou épine noire) qui porte des épines, il existe comme toujours en botanique une gamme de variations et de combinaisons qui peuvent tromper l’observateur !

Cela semble bizarre mais en fait l’aiguillon tient du poil car c’est une production superficielle de l’épiderme, répartie au hasard le long de la tige. Un aiguillon peut se détacher laissant une petite cicatrice qui ne porte pas atteinte à la plante. Le rosier, la ronce sont les cas les plus typiques. Sur cette aquarelle d'un rosier ancien, rien à voir avec les beaux crochets arqués qui ornent avec netteté les tiges du rosier classique; les aiguillons sont très nombreux et glanduleux: ils tiennent plus du poil!

L’aiguillon ne correspond pas à un organe modifié (rameau, feuille ou stipule de feuille), mais il apparaît sur un ou plusieurs de ces organes, parfois même sur un fruit.

L’épine, au contraire vient de plus profond, elle fait corps avec le bois de la tige, au point que parfois elle porte des fleurs, des petites feuilles ou des stipules comme sur la Bugrane épineuse. Elle est donc irriguée de sève et il est impossible  de la détacher sans détériorer le végétal autour.

 Une épine est un organe  modifié, voyons-le sur cette Epine vinette. Il s’agit là en fait d’une grande épine centrale (feuille modifiée) entourée de deux petites épines (stipules modifiés).

 

 Et puis parfois c’est l’ensemble du feuillage qui est épineux comme chez l’Ajonc qui combine des épines-tiges et des épines-feuilles.

 

Chez l’Epicea ou encore le Genévrier il ne s’agit plus que de feuilles modifiées : on parle alors de feuilles aciculaires ou simplement acérées.

Comment reconnait-on les aiguilles du Sapin de celles de l'Epicea? Celles du Sapin  sont linéaires mais ne sont pas aciculaires!

 

Quand le contour d’une feuille, le dos d’une nervure sont garnis d’émergences piquantes, ce sont des aiguillons, qui peuvent même parfois apparaître sur la surface du limbe, c’est le cas de nombre de chardons. Chez le Houx ou le Mahonia, on dira que le contour du limbe est acutilobé parce que ce contour , on peut encore le percevoir à peu près.

 Alors que chez certains chardons très épineux, on se trouve un peu perdu dans le fouillis des aiguillons qui ornent non seulement les contours de feuilles mais aussi des lignes de crêtes sur les tiges et les bractées des calices comme sur mon Scolyme qui se défend bien des brouteurs!

Ma rubrique "Mots de Bota" compte maintenant beaucoup d'articles, c'est une occasion que j'espère ludique de faire des révisions !

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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 14:27

Voici une plante que j’ai acquise d’une bouture l’an dernier, qui prospère à la maison sans poser aucun problème pour le moment si ce n’est qu’elle prend vite un peu trop de hauteur en se dégarnissant de la base, alors je la taille pour refaire des boutures qui prennent très vite racines dans l’eau. J’ai même replanté directement un bout de branche dans la terre du pot et elle a repris sans difficulté pour étoffer ma potée. Elle fleurit un peu tout le temps à l’intérieur et c’est une buveuse d’eau, ce qui se devine aisément rien qu’à voir ses tiges et pétioles de feuilles assez translucides et facilement cassants !

Impatiens niamniamensis

Impatiens niamniamensis

Il s’agit donc de l’Impatience de Zanzibar (Impatiens niamniamensis), autrement dénommée Niam niam, ou encore Bec de perroquet ; elle est native du Congo.

La famille des Balsaminacées dont elle fait partie compte chez nous quelques espèces sauvages par exemple l’Impatiens noli-tangere ou Impatience ne-me-touchez-pas dont l’allure est plus modeste ou d’autres déjà bien implantées en Europe comme l’imposante  Balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) qui est même considérée comme une invasive problématique ; mais la plus commune est sans doute la Balsamine de Balfour (Impatiens balfouri), d’origine asiatique aussi mais qui ne nuit pas trop à notre flore sauvage puisque même un petit espace dans le macadam lui suffit parfois ! Vous la connaissez sûrement : les enfants aiment jouer à faire exploser ses fruits qui sont de petites capsules longues éjectant leurs graines à maturité, toutes les Balsamines réagissent de cette façon-là, c’est leur mode de reproduction qui leur permet de s’éloigner un peu du pied mère !

La Balsamine de l’Himalaya peinte par Claus Caspari

La Balsamine de l’Himalaya peinte par Claus Caspari

Je me suis permis de reprendre cette illustration dans le « Guide Delachaux des plantes par la couleur » parce que c’est certainement la plus belle représentation de la Balsamine de l’Himalaya peinte par Claus Caspari (1911-1980), un illustrateur naturaliste hors pair des années 50 dont on ne parle pas assez et qui produisit une grande quantité de planches très précises sur les végétaux notamment la Flore des Alpes mais aussi sur les minéraux et les champignons.

Et pour finir, une info : le Pdf sur « Les arbres, dessin, aquarelle » est ajouté à ma liste  de sujets sur les clés USB, voir .

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