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Voilà des noms bien calamiteux pour cette si élégante espèce forestière de chez nous !
Comme je n'aurai pas beaucoup de temps ( Je descends dans le Gard pour la semaine: stage oblige), j'ai pensé montrer un projet aquarelle pour de la carte postale (datant de 1993) et l'adaptation
que j'en ai tiré pour une gravure au burin.
Voici d'abord la gravure de mon Iris foetidissima
La couleur de cet iris est plus ou moins contrastée; je l'ai rencontré à l'ombre presque totalement de cette couleur vieux-rose qui lui a donné ce nom d'iris gigot.
Celui que j'avais peint à l'aquarelle ne portait cette couleur que sur ses parties centrales , les tépales recourbés vers le bas qui ne sont pas très larges étaient plus marqués de
mauve-lilas.
Le détail de la fleur gravée permet peut-être de
comprendre que le coeur de la fleur est encré localement (à la poupée) avec une couleur d'encre sanguine alors que le reste de la plaque est encré en vert foncé, sauf la capsule qui est
encré en sépia.
Je vous ai déjà fait un article sur cette technique des encrages 'à la poupée' très utilisés au 19 ème siècle pour les gravures de botanique.
Pour une petite révision cliquerlà
Les rehauts de couleur qui viennent sur chaque estampe:
- un jus de vert sur tiges et feuilles
- un peu de gomme-gutte sur le coeur
- une touche de mauve sur les pétales
- de l'orange sur les graines
Je ne vais pas donner beaucoup de nouvelles pendant 8 jours, bonne semaine à tous !
C'est un peu un prétexte pour vous parler d'Eau forte et de Pointe sèche.
Ces deux techniques de gravures sur cuivre donnent des estampes à l'allure bien différente.
Le détail du trait ( je vous montre ici des agrandissements) permet de bien faire la nuance:
- l'Eau-forte, chère à Rembrandt, donne un trait beaucoup plus doux, très libre car c'est
l'acide qui le creuse, la plaque étant couverte d'un vernis protecteur que la pointe dégage sans forcer.
Le chêne de la Lambonnière est une eau-forte que j'ai gravée et tirée en 1993, à l'occasion d'une souscription lancée par l'AFFO
(Association Faune et Flore de l'Orne) qui visait à sauver ce très vieil arbre de la commune de Pervenchères.
120 souscripteurs ont aidé l'AFFO a acheter cet arbre vénérable, dont 80 qui ont mis un peu plus pour garder un souvenir de leur geste sous la forme de cette gravure.
- La Pointe sèche est une attaque directe du cuivre à l'aide d'une pointe d'acier qui le griffe sans enlever un copeau (à l'inverse
du burin); les barbes de cuivre subsistent de chaque côté du sillon. Au tirage, l'encre se loge sous ces barbes et donne un trait velouté et imprécis avec une tension du trait.
La gravure des clôtures, encore plus ancienne, représente un petit coin du Cotentin, vers Surville, avant que ne soit construite la route touristique qui a pas mal matraqué les paysages de la
côte Ouest.
Après mon dernier article si classique, j'ai fouillé encore plus profond dans mes cartons, et j'ai envie, pour faire souffler un vent de nouveauté dans mon blog, de vous montrer quelques
'fantaisies' des années 80.
La nature m'a toujours inspirée, mais je prenais quelques libertés avec elle...
J'ai pratiqué à cette époque, la Gravure taille-douce, et j'ai beaucoup aimé graver le cuivre, à l'eau-forte, au burin et à la pointe-sèche, et finalement comme la
couleur me manquait, j'ai tenté la technique classique avec deux plaques qu'il faut bien repérer pour qu'il ne se produise pas de décalage au tirage des estampes.
Pour chacune de ces deux gravures, deux plaques ont été nécessaires :
- sur la première, domine le trait gravé avec un peu d'aquatinte
- sur la seconde, quelques grandes plages colorées obtenues à l'aquatinte
( je reparlerai plus en détail de ces techniques de gravure, à l'occasion)
Sur certaines zones, on peut voir que les impressions se superposent.
Ne pas croire surtout qu'il est 'rentable' de faire de la gravure, du fait qu'une cinquantaine d'exemplaires sont imprimés au bout du compte ! car on ne compte pas ses heures à aboutir son projet, graver le cuivre et mettre au point le tirage. Il ne faut donc pas s'étonner qu'une estampe reste assez chère à l'achat, mais quel beau métier d'artiste que celui de graveur en taille-douce !