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Dimanche 19 avril 2009


Je reprends cette fois-ci un article de notre bulletin de la Société d'Horticulture de la Sarthe, pour lequel j'avais fait quelques recherches sur les Primevères horticoles et leurs origines sauvages. 
 







Dans nos régions de plaine, il existe trois espèces de primevères de la section "Vernales"
On ne présente plus le Coucou (Primula veris) ni la Primevère acaule (Primula vulgaris) mais on peut évoquer un peu plus précisément la troisième : la Primevère élevée (Primula elatior) plus rare.

C’est une espèce forestière ou de lisière portant sur une tige unique un petit bouquet de fleurs jaune-pale penchant gracieusement d’un coté. Les corolles ni en clochettes, ni étalées en font une sorte de moyen terme entre les deux autres.

Les hybrides naturels de ces 3 espèces sont donc logiquement au nombre de 3 et officiellement nommés:
-          Primula x digenea ( Croisement de P.vulgaris par P.elatior )

-          Primula x media ( Croisement de P.elatior par P.veris )

-          Primula x polyantha ( Croisement de P.vulgaris par P.veris )


Primula x polyantha

En fait, ce dernier serait le plus fréquent en Sarthe, peut-être le seul, les territoires des trois espèces se recouvrant peu. Les parents sont en présence  surtout  dans l’Ouest du département car la primevère acaule se localise sur le massif armoricain, et le coucou est plus fréquent dans le Centre et l’Est de la Sarthe. Cet hybride présente un aspect très variable et ressemble parfois beaucoup à la primevère élevée (Primula elatior). Je l’ai photographié en 1991 en Charnie au bord du Palais au cours d’une sortie botanique. On nous fit remarquer sa robustesse, ses clochettes plus larges et plus pales que sur le Coucou.

En 1905, notre célèbre botaniste régional, Ambroise Gentil a écrit un article intitulé : « Observations à propos de Primevères hybrides » ou il cite uniquement cet hybride  sous son ancien nom : Primula x variabilis entre  Parigné l’évêque et Ruaudin. Il y démontre l’importance du vent supérieure à celle des insectes pour que surviennent ces hybrides, et leur variation d’aspect est, pour lui, due à l’influence plus grande du pied mère : le porte-graine sur lequel est venu se déposer le pollen (qui vient du père) amené par le vent. Deux morphologies bien distinctes en découlent selon que le pied mère est le coucou ou la primevère acaule.


 
Nous voyons là l’origine de toute la section des Polyantha : depuis des siècles cet hybride fertile et  naturellement très polymorphe a fourni des échantillons remarquables qui croisés entre eux et en faisant aussi intervenir des variantes locales ont fini par produire une grande variété de couleur (bleu mauve, rouge vif, jaune orangé), et des fleurs plus grandes en bouquets dressés sur des tiges robustes.
Les Anglais, les Hollandais semblent avoir été très actifs dès le 17ème siècle, j’ai trouvé mention d’hybrides blanches, pourpres, bleutées et de blanches doubles au Jardin botanique d’Oxford en 1648 , les primevères doubles sont plus anciennes encore mais jaunes ou blanches seulement .




L'aquarelle que voici d'une primevère horticole du Jardin des Plantes du Mans, n'est pas sans évoquer la Primula elatior .
Sur cette espèce les recherches et sélections remonteraient au Moyen-age. Plus tard, les vraies hybridations ont visé à obtenir des tiges solides, un bouquet terminal fourni de fleurs plus grandes, des couleurs chatoyantes.
Parfois un cœur contrasté et même un liseré clair leur donne une allure précieuse : ce sont les menues « Gold-laced-hybride » ou Primevère à galon d’or qu’il ne faut pas confondre avec les Auricules.
Les Anglais, très amateurs de primevères ont, depuis le 17ème siècle, cherché à stabiliser toutes sortes de formes originales voire insolites : par exemple, dans la « Jack in the green » le calice s’est changé en une collerette de feuilles vertes.

Ici, au Jardin des Plantes, est surtout utilisé un cultivar baptisé « Crescendo » classé plutôt dans les hybrides de P.elatior mais parfois avec les Polyantha. Ses atouts, une bonne rusticité (il résiste bien l’hiver) et la hauteur de sa tige solide (30cm), ont présidé à ce choix. Il ne semble pas répandu dans les jardineries qui lui préfèrent un groupe général du nom de P.Vulgaris « Grandiflora », proposant une infinité de coloris.

 

Et pour le plaisir, un petit tour sur Internet : http://www.barnhavenprimroses.com/

               

 

Par Claire Felloni - Publié dans : Mots de Bota - Communauté : Ecriture et culture
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